Historique de l’enseignement français au Maroc
Le paysage éducatif Marocain jusqu’au xxème siècle
L’histoire du Maroc montre que l’enseignement a toujours été, dans ce pays, une préoccupation prioritaire, une source de réflexion sans cesse renouvelée, un choix de société constamment affirmé. Si les noms des universités de Bologne, Oxford, Cambridge, la Sorbonne, évoquent les institutions universitaires les plus anciennes et les plus prestigieuses du monde, les Français, découvrant le Maroc, lui reconnaîtront pourtant la paternité du joyau le plus ancien du patrimoine universitaire mondial : la Qaraouiyine de Fès, créée au IXème siècle et devançant ainsi de trois bons siècles sa cadette italienne de Bologne. Le Maroc dispose déjà d’un réseau d’enseignement primaire et secondaire. En effet, à la veille du protectorat, 150.000 élèves fréquentent les écoles coraniques et 2.500 les médersas. L’école coranique, petite école primaire appelée msid, assurait aux jeunes enfants, dès l’âge de cinq ans et quelle que soit leur origine sociale, une formation fondée sur la mémorisation des sourates du Coran. A l’âge de douze ou treize ans, les élèves les plus doués et les plus méritants pouvaient accéder au second stade de l’apprentissage dans une mosquée ou dans une zaouia, où ils mémorisaient, utilisant toujours la méthode du "par cœur", les principes fondamentaux de la grammaire et du droit islamique. Puis, si leur fortune le leur permettait, ils entraient dans une médersa prestigieuse, ou à la Qaraouiyine elle-même. Il est intéressant de noter l’effervescence et l’engouement suscités par les études dans une médersa, et justifiés sans doute par les conditions exceptionnelles qu’offrait cette dernière, aux chanceux qui la fréquentaient. Réjouissances intellectuelles, certes, auprès des plus grands maîtres (mudarris), mais également hébergement, aide financière (bourses, prise en charge des élèves venant de l’extérieur par une riche famille de la ville) et divertissements mémorables : tous les ans, en effet, était célébrée la fête du "Sultan des tolbas" laquelle consistait à élire un étudiant qui, fictivement, recevait tous les pouvoirs du sultan (avec son accord !!!), formait un makhzen et une administration de parodie, dont les membres étaient chargés de collecter les fonds nécessaires à l’organisation d’un grand pique-nique, au cours duquel les étudiants parodiaient leurs professeurs et des personnages de l’administration dans des sketches où ils jouissaient d’une liberté totale. Liberté totale, mais de courte durée : le reste du temps, la médersa restait, et c’était là sa fonction première, un lieu d’étude et de recueillement.
Jusqu’au XXème siècle, l’enseignement au Maroc reste donc une affaire presque exclusivement masculine. Et bien avant l’instauration du Protectorat français, le système éducatif marocain coexiste avec des institutions d’origines très diverses. Ainsi, le premier établissement juif de l’Alliance Israélite Universelle a ouvert en 1862 à Tétouan, bientôt suivi d’autres dans les principales villes marocaines. Les Français n’avaient pas non plus attendu le Traité de Fès pour lancer le principe des écoles franco-arabes dans les villes et le plus souvent dans les consulats.
Multiplicité des systèmes scolaires à partir de 1912
En 1912, les Français mettent peu à peu en place un système intégrant les données locales et les apports du pays de tutelle. Le but annoncé est de généraliser l’accès à l’enseignement et de l’élargir à un pourcentage plus conséquent de la population en âge d’être scolarisée. Ce point de vue est partagé par le Maréchal Lyautey afin de former une pépinière de jeunes gens, médiateurs entre deux sociétés qu’il souhaite faire coexister en harmonie. Ces derniers sont appelés à former l’élite intellectuelle avec laquelle il entend coopérer. Ainsi s’ébauche, lentement, un système où la multiplicité et la diversité rivalisent, mais où, les jeunes Marocains ne trouvent pas tous leur place. Les Français se heurtent, aux difficultés de croissance démographique et de la diversité de la demande scolaire, signes d’une société en perpétuelle mutation et qui expliquent la trop lente progression du taux d’alphabétisation.
Le système éducatif marocain sous le protectorat
L’enseignement organisé par les Français, au Maroc, demeure donc assez élitiste et ne recrute souvent que des enfants issus des classes dirigeantes, dont les parents sont associés à l’action du Protectorat. Ces écoles, qui ne comptent que 1.468 élèves en 1913, en accueillent 21.400 à la veille de la seconde guerre mondiale, pour atteindre 314.800 en 1955.
Puis les élèves accédaient au second cycle dans les collèges dits "musulmans" créés par les Français, où ils bénéficiaient de conditions pédagogiques de premier choix, qui permettaient aux meilleurs d’obtenir le "Baccalauréat marocain". Les effectifs de ces établissements demeureront beaucoup plus limités, puisqu’ils comptent 608 élèves en 1938, 6712 en 1955. Par ailleurs, les lycées français, qui accueillaient exclusivement des élèves européens, ouvrent leurs portes, à partir de 1944, à des élèves marocains (12% des effectifs en 1951).
Furent créées également, mais avec beaucoup moins de moyens, des écoles urbaines pour les enfants des classes moyennes et des écoles rurales franco-musulmanes, dans lesquelles était délivrée une formation professionnelle. Là encore, les effectifs restèrent limités : 1.300 élèves en 1938, 7.500 en 1955.
Mais la diversité ne s’arrête pas là : des écoles franco-israélites viennent compléter le réseau déjà existant de l’Alliance Israélite Universelle, des écoles franco-berbères sont créées dans l’Atlas ou dans les plaines du sud du pays. Parallèlement, subsiste un système traditionnel marocain d’enseignement coranique ; apparaissent même des écoles privées musulmanes, symbole de la naissance du mouvement nationaliste dans les années 30.
1919 : ouverture officielle du lycée Gouraud
De 1919 à 1922, les locaux sont ceux de l’actuelle école de la Tour Hassan. Puis à partir de 1922, ce sont les nouveaux bâtiments du lycée Gouraud (Second du Maréchal Lyautey) jusqu’en octobre 1963, date à laquelle il est cédé aux autorités marocaines en application de la convention culturelle signée entre Rabat et Paris. Il porte actuellement le nom de Lycée Hassan II.
De 1963 à nos jours
Le lycée Descartes, dessiné et implanté par Coldefy, fait sa première rentrée en octobre 1963. Situé en haut du quartier de l’Agdal (“Jardin” en Berbère), il prend pour Eponyme, le père du “discours de la méthode”, lui conférant l’image de rigueur et de sérieux que le lycée Descartes a toujours aujourd’hui. Lycée de garçons à ses débuts, la mixité se généralise et les effectifs passent de 2000 élèves à plus de 3000 élèves entre 1969 et 1979, au sein de Descartes.
Au cours de l’année 1988, le Lycée Descartes ouvre « l’Option Internationale du Baccalauréat » (O.I.B.) section franco-marocaine, dans les classes de 2ndes, 1ères et Terminales. Une cinquantaine d’élèves avec leurs professeurs expérimentent avec succès cette nouvelle forme d’éducation bilingue et biculturelle dont le XXIème siècle a tant besoin.
A partir de 1988, le Lycée Descartes devient établissement régional de Rabat, en autonomie budgétaire, dépendant de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger (AEFE). Les programmes et les orientations respectent ceux définis par le ministère de l’éducation nationale française et il en va de même pour les statuts et les modalités de gestion des personnels. L’internat est fermé cette même année.
En 1989, le Lycée Descartes crée une classe de Préparation au Haut Enseignement Commercial (HEC), actuellement nommée CPGE (Classe préparatoire aux Grandes Ecoles) avec une classe de 1ère année et une de 2ème année, obtenant à chaque promotion un excellent taux de réussite d’admission aux grandes écoles (entre 95 et 98 %).
En 1996, la section préparatoire au brevet d’études professionnelles - vente action marchande (BEP-VAM) ouvre l’opportunité d’une orientation de professionnalisation après la 3ème, connaissant ces dernières années un fort taux de réussite.
Le Cercle Educatif et l’Association Sportive sont des sources d’épanouissement essentielles et complémentaires à l’éducation scolaire délivrée dans l’établissement. Divers talents et passions se développent comme le théâtre, l’astronomie,le journalisme, la danse, la musique, les arts plastiques, le hand-ball, le basket,la natation, l’escalade...
La citoyenneté et la solidarité, sont également des notions fortes présentes au quotidien ou au travers d’actions menées par le Club solidarité tout au long de l’année.
Les 40 ans de Descartes
En 2003, Le lycée Descartes, a fêté de façon marquante ses 40 années d’existence, en retraçant par divers évènements, expositions, conférences, café littéraire, inauguration d’un cadran solaire, concerts, toute l’histoire du lycée et de ses "cartésiens". Ce fut également l’occasion pour les anciens élèves de se retrouver, de partager leur expérience ; de nombreux moments d’émotion ont ponctué la manifestation.
Depuis 1963, les proviseurs du Lycée Descartes se succèdent :
| M. Georges CHAPPAZ (ancien proviseur à Gouraud) | 1963 - 1971 |
| M. Roger LASSABE | 1971 - 1978 |
| M. LEROUX | 1978 - 1981 |
| M. LEROY | 1981 - 1984 |
| Mme Michelle ROUSSEAU | 1984 - 1988 |
| M. Norbert ALIOLI | 1988 - 1994 |
| M. Patrick CHARPEIL | 1994 - 1997 |
| M. Jean-Pierre MAILLARD | 1997 - 2001 |
| M. Gérard MARIEAU | 2001 - 2007 |
| M. Olivier RAUCH | Depuis 2007 |
Dernière mise à jour : 30 mars 2009

